Deadpool ou la success story convenue

Depuis plusieurs semaines, que dis-je plusieurs mois, on nous bassine avec Deadpool dans le métro, les pubs sur le net, les articles sur les mésaventures du projet qui voit enfin le jour malgré le manque de soutien initial de producteurs. Bien qu’arrivé à saturation sur le sujet, il est vrai que la bande-annonce avait quand même pas mal de bagou…

Ready for some action ?

Ready for some action ?

… mais le gros problème est que tout est dans la bande-annonce. Oui, l’humour est décalé, irrévérencieux, abat le 4ème mur régulièrement et c’est vrai que c’est plutôt rafraichissant par rapport aux autres films de super-héros sortis l’année passée. Les dialogues sont percutants, bourrés de références et d’auto-références conduisant à une auto-dérision dont manquent cruellement ses comparses (mis-à-part le récent Antman). Résultat, le film engrange 260M$ durant sa première semaine d’exploitation dans le monde. Il est vrai que l’on se plaît à suivre ce dingue de Wade Wilson malgré un interprète principal, Ryan Reynolds, qui avait déjà campé le rôle de Deadpool en 2009 et de Green Lantern en 2011. On voit quand même ici qu’il a pu prendre un plus de liberté avec le personnage de façon à se rapprocher le plus possible du ton du comics éponyme.

On a évité ça de justesse...

On a évité ça de justesse…

Toutefois, le film n’est pas exempt d’écueils. Le rythme déjà… Le mécanisme du flashback-fastforward est utilisé à outrance, certes pour représenter le fil de pensée plus que torturé du héros, mais au point de rester dans des déserts comme le bar ou encore la demeure de Deadpool beaucoup plus que nécessaire. Les blagues, certes sympathiques et contribuant au ton décalé du film, au lieu d’entretenir le rythme ont tendance à se banaliser de part leur omniprésence et ne permettent plus vraiment de valoriser les scènes plus calmes du film.

Est-ce que tu veux le reste de mon smoothie kiwi ?

Est-ce que tu veux le reste de mon smoothie kiwi ?

Calmes par opposition à violentes ? Pas vraiment non plus. Le film est violent et gore certes, mais pas à outrance, les scènes d’action ayant été très concentrées, on n’arrive pas à un écœurement. Elles sont surtout extrêmement bien chorégraphiées et lisibles, chose qui est malheureusement oublié dans le cahier des charges de nombreux films d’action. Les combats prennent surtout une vraie dimension épique avec leur musique ou décalée ou bien composée pour l’occasion. On est vraiment dans l’univers du comics où Deadpool est vraiment la star d’un film où il a conscience de jouer (ou d’un comics qu’il anime de sa présence).

Deadpool wants you !

Deadpool wants you !

Du coup, les seconds rôles en pâtisse un peu… les X-Men (un peu de seconde zone il est vrai) qui apparaissent ne sont finalement que des faire-valoir à la logorrhée caustique du héros. Ses amis n’ont que peu de réplique au final et sont rapidement limités à s’exprimer par rapport à l’apparence du personnages. Peut-être un mention spéciale pour le conducteur de taxi qui a peut-être un des dialogues les plus longs du film avec la star. Les méchants sont râtés: une grand brute et un scientifique narcissique ne sont pas vraiment charismatiques, malgré les costards que leur taille Deadpool. Les seules intéractions entre les autres personnages se résument aux occasionnelles menaces et enlèvements.deadpool barOn passe tout de même un bon moment, surtout à chercher chacune des références et à essayer de suivre la « logique » de Deadpool. Mais on regrette d’avoir déjà entendu les répliques dans la bande-annonce…

PS: J’irai tout de même voir Deadpool 2 s’il sort un jour.